Mission Antarctique, c’est également une mission... scientifique ! À bord du Sedna IV, d’importants programmes de recherche sont en cours, en collaboration avec des instituts et organismes de divers pays. Plusieurs études, analyses et compilations scientifiques font donc partie du quotidien de Damian Lopez, chimiste, Sébastien Roy et Pascale Otis, biologistes, François Prévost, médecin et Mariano Lopez, intervenant en santé mentale. Découvrez quelques enjeux de leurs travaux ci-dessous.
ÉTUDE TEMPORELLE ET LATITUDINALE DES EFFETS COMBINÉS DU RAYONNEMENT ULTRAVIOLET B, DE L’AUGMENTATION DE CO2 ET DU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE SUR LA POMPE BIOLOGIQUE.
Par: Gustavo Ferreyra
Depuis plusieurs années, les évidences s’accumulent et le réchauffement de la planète est devenu une hypothèse de plus en plus acceptée. Les courbes d’augmentation des températures enregistrées un peu partout sur la planète suivent la même progression que celles de la concentration d’un des plus importants gaz à effet de serre : le gaz carbonique (CO2).
Le CO2 relâché dans l’atmosphère provient principalement de la combustion des carburants fossiles de la planète, comme le charbon ou le pétrole. La vapeur d’eau, le méthane et d’autres gaz contribuent également au phénomène d’effet de serre. C’est un processus naturel essentiel qui protège la surface de la Terre du gel ou d’une glaciation. Sans effet de serre, la température à la surface du globe serait environ 33 oC plus froide qu’elle ne l’est présentement...
La planète possède son propre système pour veiller à maintenir un certain équilibre dans le cycle biologique du carbone. Les plantes terrestres et marines, par la photosynthèse, capturent une bonne partie de ce carbone. Historiquement, la planète a toujours réussi à conserver cet équilibre en évitant une trop grande accumulation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Mais cet équilibre est aujourd’hui rompu. D’un côté, nous produisons maintenant trop de carbone, et de l’autre, nous continuons à couper les forêts, véritables poumons de la planète. Nous sommes en train de nous étouffer avec tout ce surplus de gaz à effet de serre qui s’accumule dans l’atmosphère et qui est considéré, aujourd’hui, comme une cause directe du réchauffement planétaire.
Les récents travaux scientifiques ont permis de constater que les océans de la planète sont d’excellents capteurs de gaz à effet de serre. Les plantes marines, principalement le phytoplancton—ces petites algues microscopiques en suspension dans les eaux des océans—, sont beaucoup plus efficaces que les plantes terrestres quand vient le temps de capturer le carbone produit. Par unité de biomasse, le milieu océanique est jusqu’à 100 fois plus productif que les milieux terrestres, d’où l’intérêt, pour les scientifiques, de comprendre les facteurs qui contrôlent la productivité des océans.
Par ailleurs, les augmentations de température ont des effets indirects sur l’écosystème océanique puisque le réchauffement des eaux de surface entraîne une stratification plus importante de la colonne d’eau (i.e. les eaux de surface plus chaudes seront beaucoup moins denses que les eaux profondes plus froides). Le phytoplancton, qui vit dans ces eaux de surface, risque donc d’être plus exposé aux effets hautement dommageables des radiations UVB, ce qui peut entraîner une baisse importante des processus biologiques liés &agrans (ce qu’on appelle, en jargon scientifique, la « pompe biologique à CO2 »).
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Ce programme de recherche permettra d’obtenir des données qui serviront à soutenir les décideurs politiques et à informer le grand public en général. Ce projet est sous la responsabilité de l’Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER, Québec, Canada), de l’Université du Québec à Rimouski et de l’Instituto Antártico Argentino (IAA, Argentina), en collaboration avec l’Université de Victoria (Colombie-Britannique, Canada). Le soutien financier pour ce programme de recherche a été octroyé par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), Développement économique Canada (DEC), le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation du Québec (MDEIE) et la Dirección nacional del Antártico (DNA, ministerio de Relaciones exteriores, Comercio internacional y Culto, República Argentina).
Dr Gustavo Ferreyra Coordonnateur (IAA-ISMER)
gferreyra@dna.gov.ar, gustavo_ferreyra@uqar.qc.ca
Écologie du plancton, radiations ultraviolet de type B

LES EFFETS DU MANQUE DE LUMIÈRE
Par François Prévost et Mariano Lopez
En Antarctique, l’hiver austral est la saison de la longue nuit. Nous serons exposés à une diminution marquée de luminosité pendant environ quatre mois consécutifs. On sait que la lumière joue un rôle important dans l’équilibre de l’être humain et des mammifères en général. L’alternance entre la lumière et l’obscurité synchronise l’horloge interne du corps sur une période de 24 heures, phénomène cyclique appelé rythme circadien. Les recherches ont prouvé l’importance des cycles de jour et de nuit sur le plan neuro-hormonal; l’équilibre du rythme circadien est donc primordial à la santé physique et mentale.
L’équipe du Sedna a accepté de collaborer à une étude qui évaluera l’impact psychologique de l’hivernage en Antarctique. Le Dr Peter Suedfeld, directeur du département de recherche en psychologie de l’Université de la Colombie Britannique, dirige en effet une des rares études portant sur les aspects positifs de l’adaptation à un contexte d’isolement comme l’hivernage en Antarctique.
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