Combien êtes-vous sur le bateau ?
Marie-Pierre Nault, 10 ans
Présentement, nous sommes 16 à bord. Cet hiver, nous serons 13.
Avez-vous peur de ne plus jamais revenir ?
Michelle Beaudoin, 11 ans
Non ! Tout simplement parce nous faisons toujours très attention pour ne pas être dans une situation dangereuse. Il y a beaucoup de gens qui ont énormément d’expérience à bord. Par exemple, moi j’ai déjà passé six mois en Antarctique avant de participer à cette mission. J’ai appris à connaître la glace et à faire attention aux crevasses sur les glaciers !
Comment fonctionne l’électricité sur le bateau ?
Jérémie Couture, 11 ans
Nous avons trois génératrices à bord qui nous permettent de produire de l’électricité. Les génératrices font beaucoup de bruit et fonctionnent au diesel.
Faites-vous fondre de la glace pour obtenir de l’eau potable ?
Maxime
À bord du Sedna, nous avons un appareil qui se nomme «désalinisateur». Le désalinisateur pousse l’eau salée de la mer à travers une série de filtres pour en retirer tout le sel. À sa sortie, l’eau ne contient plus de sel et on peut la boire ! Cette eau est utilisée pour les douches, le lavage du linge et de la vaisselle, les toilettes, etc.
Avez-vous froid ?
Jérôme
Où nous sommes, c’est l’été présentement. Les saisons sont inversées dans l’hémisphère Sud ! Alors, il ne fait pas encore très froid. Cet après-midi, il fait environ 11 degrés Celsius à l’extérieur. Quand ce sera l’été chez toi, ce sera l’hiver pour nous. Et c’est à ce moment qu’on sortira nos gros manteaux d’hiver (pendant que toi, tu sortiras ton maillot de bain pour te baigner !).
Comment vous sentez-vous à l’égard de votre famille qui est aussi loin ?
Laurence Beaucage-Bélisle, 10 ans
Quand on est un aventurier, il faut souvent laisser notre famille derrière nous. Ce n’est pas parce qu’on n’aime pas notre famille, mais bien parce que le goût de l’aventure est tellement fort qu’on a toujours envie de découvrir de nouvelles choses. Sur le Sedna, nous formons en quelque sorte une grande famille. Nous partageons tout ensemble : le travail, les corvées, les moments de détente, etc. C’est comme dans une vraie famille ! De plus, comme on a le téléphone et qu’on peut envoyer et recevoir des courriels, on ne se sent pas trop seuls !
Est-ce que le bateau navigue la nuit ?
Annie Gauthier, 11 ans
Oui ! Nous avons deux capitaines. René navigue de 6h du matin jusqu’à midi, puis c’est Marcel de midi à 18h. Ensuite, c’est René de nouveau de 18h à minuit et Marcel de minuit à 6h du matin ! La nuit, les membres de l’équipage aident aussi le capitaine. Il fait noir, alors c’est plus difficile de naviguer. Il faut garder l’œil ouvert pour éviter de foncer dans un iceberg !
Comment faites-vous pour éviter les collisions avec les icebergs ?
Philippe
Sur l’eau, il y a parfois beaucoup de morceaux de glace... surtout où nous sommes, c’est-à-dire en Antarctique ! Les icebergs sont de toutes les tailles et de toutes les formes. Les gros icebergs sont faciles à repérer au radar : ils apparaissent comme une tache sur l’écran, et le capitaine peut donc facilement les éviter. C’est une technologie qui n’existait pas sur le Titanic... Et tu sais ce qui est arrivé !
Mais comme on peut voir les gros icebergs plusieurs kilomètres à l’avance sur le radar, on ne risque pas d’en heurter un. Souvent, on frappe les petits icebergs (on les appelle des bourguignons ou berguignons... C’est mignon comme nom, ne trouves-tu pas ?). Mais ils sont très petits et ne causent aucuns dommages à la coque du voilier parce qu’elle est très solide. Le pire, c’est que le bruit des bourguignons sur la coque fait parfois tout un vacarme. Souvent, ça me réveille pendant la nuit. Mais comme pour toute chose, on finit par s’habituer !
Comment arrivez-vous à communiquer avec l’extérieur à partir du Sedna ?
Sophie
À bord du Sedna, nous avons un système très sophistiqué qui nous permet de communiquer par téléphone ou par courriel. Nous avons plusieurs types de lignes téléphoniques reliées par satellite qui sont de différentes qualités (et qui coûtent entre 1,50 $ et 5 $ la minute environ). Lorsque nous parlons en direct à la radio, nous utilisons la ligne de très bonne qualité. Sinon, il y a beaucoup de bruit et on a de la difficulté à comprendre !
En plus du téléphone, on a accès à Internet... Mais ça coûte très cher (15 $ la minute). On peut donc envoyer et recevoir des courriels, mais aussi faire des directs avec la télévision (avec l’image !). On branche notre caméra sur l’ordinateur et on utilise le logiciel iChat ou MSN pour communiquer avec les gens. Les gens nous voient à l’écran et on peut se parler ! Peut-être nous as-tu déjà vus à la télévision de Radio-Canada ?
Est-ce que vous avez déjà touché à un rorqual à bosse ?
Karine Bergeron Bourque, 11 ans
Non, je ne touche jamais aux animaux. Je ne veux surtout pas les déranger, les blesser ou leur faire peur ! C’est mieux de les observer de loin sans les toucher.
Quel est l’animal que vous avez le plus aimé voir ?
Maude Trudel, 10 ans
J’adore les oiseaux et l’oiseau qui m’a le plus impressionné est l’albatros hurleur. C’est le plus grand oiseau capable de voler. Lorsqu’il déploie ses ailes, l’albatros peut mesurer jusqu’à 3,6 mètres de largeur !
Comment les oiseaux comme les manchots font-ils pour ne pas se geler les pieds lorsqu’il fait très froid ?
Lucille
Les manchots sont très bien adaptés pour la vie au froid. Comme les espèces qui vivent en Arctique, les manchots de l’Antarctique possèdent une protéine (que j’appelle « protéine antigel ») dans la peau de leurs pattes. Cette protéine empêche la formation des cristaux de glace dans leurs tissus, ce qui les protège des engelures ! Tel un cordonnier mal chaussé, moi qui étudie ces adaptations au froid et qui ai découvert cette protéine chez les oiseaux... j’aime le froid, mais j’ai toujours les pieds glacés !
Est-ce qu’il y a des pingouins en Antarctique ?
Joëlle
Beaucoup de gens confondent les manchots avec les pingouins. Pourtant, ces deux espèces sont très différentes ! Les pingouins vivent uniquement dans l’hémisphère Nord de notre planète et ils sont capables de voler. Les manchots, eux, vivent uniquement dans l’hémisphère Sud et ne volent pas ! Ce sont donc des manchots que l’on voit se promener sur la banquise en Antarctique... Et non pas des pingouins ! (Attention aux anglophones : « manchot » se traduit par « penguin » en anglais, ce qui porte souvent à confusion ! Quant aux « pingouins », ils se nomment « auk » en anglais).
Est-ce que le réchauffement de la planète affecte les animaux terrestres ?
Sébastien
Les manchots passent une partie de leur vie sur la terre (ou la glace) de l’Antarctique. Les manchots, comme toutes les espèces animales et végétales, sont très vulnérables aux changements climatiques. Tout cela parce que les changements qui sont présentement en cours se passent si rapidement que ces espèces n’ont pas le temps de s’adapter. Alors, les animaux et les plantes meurent et sont remplacés par d’autres espèces. Il y a donc des espèces qui disparaissent complètement de la planète ! C’est ce phénomène qui est en train de se produire en Arctique avec les ours polaires par exemple. Les ours ont besoin de la glace pour chasser le phoque... Et comme il y a de moins en moins de glace, les ours n’ont plus assez de nourriture. Ici, en Antarctique, il n’y a pas d’ours polaires. Mais les manchots d’Adélie n’arrivent plus à se reproduire parce qu’ils pondent leurs œufs dans des flaques d’eau qui se forment à la suite de la fonte de la neige. C’est pour cette raison que les populations de manchots d’Adélie sont en déclin depuis quelques années. Et comme les manchots d’Adélie nichent toujours au même endroit d’année en année, ils nichent toujours dans ces flaques d’eau. Si ça continue comme ça, les manchots d’Adélie vont complètement disparaître de la péninsule de l’Antarctique d’ici à quelques décennies.
C’est triste tout ça. J’espère que des gens comme toi, qui s’intéressent aux animaux vulnérables aux changements climatiques, vont continuer à nous aider dans notre grande Mission pour les aider !
Est-ce qu’il y a des insectes en Antarctique ?
Isabelle
En Antarctique, il n’y a qu’un seul animal qui est considéré comme «terrestre» (c’est-à-dire qu’il passe toute sa vie sur terre). C’est une petite mouche, appelée «Belgica» qui mesure entre 2 et 3 millimètres de long ! Cette mouche n’a pas d’ailes. Elle se cache dans la mousse et le peu de végétation qui se trouve sur la terre. Une bien curieuse petite mouche, cette Belgica !
Est-ce que les manchots ont du poil ?
Sabrina
En fait, les manchots n’ont pas de poil, mais plutôt des plumes... comme tous les oiseaux. Connais-tu une autre caractéristique que partagent tous les oiseaux ? Il y en a plusieurs, mais je t’en nomme deux : ils pondent des œufs et ils ont un bec.
Est-ce que le réchauffement de la planète affecte la vie dans les océans ?
Sandra
Le réchauffement climatique affecte les organismes marins. Pour te donner un exemple, je peux te parler de l’impact de la fonte des glaciers. Avec le réchauffement de la planète, les glaciers (formés de glace et de neige) fondent. Dans le secteur où nous sommes, les glaciers fondent deux fois plus rapidement qu’il y a 13 ans ! Et toute cette glace qui fond devient de l’eau qui s’écoule dans la mer, entraînant une énorme quantité de sédiments (des débris comme des roches, sable, boue, etc.). Ces sédiments se retrouvent dans l’eau. Ils bloquent la lumière aux algues et se déposent sur le fond par-dessus les étoiles de mer, les éponges de mer et les autres organismes qui vivent au fond. La vie marine devient alors très pauvre parce que, sous l’eau, la vie dépend énormément de la lumière qui permet aux algues de faire de la photosynthèse.
Le réchauffement de l’eau cause aussi d’énormes changements dans les courants marins. Et puisque ces courants marins font normalement remonter les éléments nutritifs nécessaires à la vie des petits organismes (phytoplancton et zooplancton), le réchauffement climatique rend les océans très pauvres en vie marine.
Sur le Sedna, nous étudions la température et la salinité de l’eau tout le long de la péninsule de l’Antarctique. La salinité de l’eau va changer beaucoup avec la fonte des glaciers : plus les glaciers fondent (eau douce), moins l’eau des mers environnantes est salée...
Est-ce que vous trouvez votre voyage impressionnant ?
Émilie Constantineau, 11 ans
C’est certain que notre mission est très grande. On fait des choses qui sont importantes pour la planète. Je suis chargée des recherches scientifiques à bord pour étudier les impacts du réchauffement climatique. C’est important ce que l’on fait.
Est-ce que le Sedna a déjà coulé ?
Cédric
Le Sedna IV n’a jamais coulé, mais il a déjà frappé le fond. En 2002, en Arctique, le Sedna IV a été pris dans un fond marin très peu profond qui n’avait pas été indiqué sur les cartes de navigation. Heureusement, la marée a monté tranquillement, libérant le Sedna. Ouf ! On l’a échappé belle !
Est-ce qu’il se passe parfois des choses drôles sur le bateau ou est-ce que tout le monde est toujours sérieux ?
Malivai
Je dois te dire que notre capitaine Marcel Dubé est le personnage que je trouve le plus drôle sur le bateau. Il chante, il danse et il aime bien me raconter des histoires comiques pour me faire rire. Je ris souvent sur le bateau parce que Marcel me fait rire. On rit souvent aussi à table pendant le souper. Parfois, Joëlle fait même des grimaces à Amélie pendant qu’elle mange et ça la fait beaucoup rire.
Et finalement, ma maman se demande :
« Prends-tu tes vitamines, ma chouette ? »
Ben oui maman, ben oui...
Bye bye !
Pascale
